mardi 29 juillet 2014

710. Quand je n'ai pas d'inspiration...

... D'autres en ont pour moi.

Trouvé un soir tard dans les environs de Pigalle.

mercredi 16 juillet 2014

709. Etat des lieux

Now behind the closed shutters --
only soft darkness and
the slow murmur of memories

dimanche 22 juin 2014

708. A part ça...

Je viens de réaliser que le layout du blog se mariait parfaitement avec la couleur de mes nouveaux murs. C'est sûrement un signe, mais de quoi ?...

(Oui, je sais, c'est juste le signe que j'aime bien les tons verts d'eau, mais bon... il faut bien un peu de mystère dans l'existence, non ?)

vendredi 20 juin 2014

707. Petits traités

Petits traités
Pascal Quignard
Ed. Folio

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Le livre est un morceau de silence dans les mains du lecteur. Celui qui écrit se tait. Celui qui lit ne rompt pas le silence.

[...] Les livres ne jettent pas des cris d'orfraie -- qui planent sur la mer.

Je ne suis pas arrivée au bout de ce livre ; il fait partie de ceux qui me font réaliser à quel point je manque de vraie culture, de références et de sérieux.

Mais ce n'est pas grave ; rien que pour les deux passages ci-dessus, il en valait la peine.

jeudi 15 mai 2014

706. 10 Signes qu'on a déménagé

- On ne retrouve plus ses chaussettes. Pas une seule paire.

- On se dit que 27,5m3, ça ne fait pas beaucoup, pour contenir toutes ses possessions terrestres -- mais en même temps, c'est énorme.

- On se réveille la nuit, la sueur au front : Mizzle, Salix ou Vert de terre ? (Salix)

- On a les poignets courbatus

- On n'est pas encore raccordé au réseau ; on se dit, "pas de télé, finalement, ça se fait bien", tout en soupirant après les derniers épisodes de Bones

- Pendant un temps, on a l'impression d'être en vacances... et puis petit à petit, les anciennes habitudes reprennent le dessus

- On trouve que le nouvel appart' est trop bien pour soi

- On se trompe de station de métro

- On écoute les nouveaux bruits de ce lieu inédit, la rue différente, un autre bout de ville

- On pleure un peu, en quittant l'ancien.

mardi 15 avril 2014

705. The Haunting of Hill House

The Haunting of Hill House
Shirley Jackson
Ed. Penguin Modern Classics

"No live organism can continue for long to exist sanely under conditions of absolute reality; even larks and katydids are supposed, by some, to dream. Hill House, not sane, stood by itself against its hills, holding darkness within; it had stood so for eighty years and might stand for eighty more. Within, walls continued upright, bricks met neatly, floors were firm, and doors were sensibly shut; silence lay steadily against the wood and stone of Hill House, and whatever walked there, walked alone."

Je sais : quoi, je ne l'avais pas encore lu ?!? Hé ben non. Et j'en suis contente en fait, car si je l'avais découvert au même âge que celui auquel j'ai découvert Stephen King, je pense que je ne l'aurais pas apprécié à sa juste valeur.

L'histoire est classique en tant que telle : une maison hantée où quatre personnes se sont volontairement "enfermées" pour conduire des recherches sur les phénomènes paranormaux qui s'y produisent. Rien ne manque, parquets qui grincent, portes qui se referment, gouvernante revêche, bruits dans la nuit.

C'est terrifiant.

Je pèse mes mots ; j'ai lu pas mal de romans d'horreur, vu des films d'épouvante (y compris japonais et coréens), suivi The Walking Dead -- eh bien ça faisait longtemps que je n'avais pas eu de tels frissons d'angoisse.

C'est également la première fois que, dans un livre "de genre", je m'arrête pour relire certaines phrases. Le début (en citation ci-dessus) est légendaire ; je le trouve absolument magnifique, une maîtrise totale et une efficacité redoutable dans l'écriture. Le reste est à l'avenant : une alternance de banal et de maléfique où l'on se sent toujours menacé, où le déséquilibre est constant -- et croissant.

Le roman date de 1959 -- difficile de ne pas voir son influence chez S. King ou Neil Gaiman, par exemple. Et même, peut-être, chez H. Murakami : j'ai tout de suite pensé à son Dolphin Hotel, dans Dance Dance Dance.

Et aujourd'hui comme tous les jours depuis que j'ai commencé le livre, je me suis félicitée d'avoir choisi de le lire dans le métro plutôt que chez moi toute seule le soir...

"'What?' Theodora was saying. 'What, Nell? What?'
"God God,' Eleanor said, flinging herself out of bed and across the room to stand shuddering in a corner, 'God God -- whose hand was I holding?'"

dimanche 23 mars 2014

704. Les poèmes se sont emparés du pays

Dés jetés
qu'emporte avec le courant
la rivière du glacier

Tout de même sur le sable volcanique
les mots sont là sifflants
entre toi et le monde

Pareillement quand tu es sans parole
parfois même à dire
ben ça alors
pas de mot pas un bout de chandelle

Tout de même alors
les mots sont là

Les déserts refusent d'abandonner leur chant
(les déserts qui ne sont naturellement pas
seulement dans la nature
comme sur les hautes terres)

Ils refusent d'abandonner leur chant
Par leur chant ils renoncent
aux biscuits durs comme verre de l'habitude

Silence blanc du froid matinal
(ou en d'autres couleurs)
Homme et univers
conversent
rarement aussi bien ensemble
mais dans le silence de la fraîcheur du matin

Mais les tyrans ne devraient pas louer la chance

Périlleuse sera leur chute
plus périlleuse à chaque glissement étonnant
que le soleil effectue sur la glace du ciel
fendant la nuit d'un coup des épaules jusqu'en bas

Nouvelles montagnes et nouveaux lieux
Pages non écrites
Pensée chatouillante :
ici est mon foyer
Ce paysage me suivra
jusqu'au dernier jour
De là viendront
des souvenirs

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Quelques photos en plus… Comme pour la Suède, tout est extrait de Il pleut des étoiles dans notre lit (même le titre !) -- en l'occurrence de divers poèmes de Sigurdur Pálsson. Et désolée pour la mise en page bien moche, je ne voulais pas sacrifier la taille des photos (je suis preneuse, d'ailleurs, de tous conseils pour faire en sorte que les photos ne "bavent" pas sur la colonne de droite…)